Où l’on voit le Vieux bonhomme, alerté sur certaine morosité de ses histoires, faire un effort pour montrer qu’il peut apprécier la drôlerie des mots et des situations.

Faut rigoler
Faut rigoler
Avant qu’le ciel nous tombe sur la tête
Faut rigoler
Faut rigoler
Pour empêcher le ciel de tomber (1)

Que se passe-t-il  ?
Le vieux bonhomme chante; ? Mais où est-il ? Il n’est pas sur sa terrasse, c’est normal il pleut, ni chez lui  ? Alors c’est pas lui chante  ? Il ne nous a pas donné l’habitude d’entendre des chansons marrantes comme celle-là. Jusqu’à maintenant ce qu’il nous a chanté était très beau, léger parfois, un peu triste aussi, émouvant mais pas vraiment drôle. Des textes poétiques, sérieux, mélodieux mais pas vraiment désopilants.

«  Holà  ! Bonhomme, l’ami, camarade, t’arrêtes de nous la jouer tristounette ton affaire, ça va un moment, mais là ça suffit, passe à aut’chose.  »

Face à cette remontrance le Vieux Bonhomme se dit qu’il lui faut trouver des mots marrants, des textes qui font rire, des histoires pas sérieuses.

Mais où est-il passé ? Qu’est-ce qu’on entend  ? Tiens, une autre chanson.

Tonton Cristobal est revenu
Des pesos des lingots il en a le cul cousu
La famille hypocrite crie vive le barbu Tonton
Cristobal est revenu (2)

A-t-il bu  ? Est-il dans un état normal  pour aller vers de telles chansonnettes ?

Il est certain que la grosse rigolade c’est pas son genre. Mais il peut chercher. Il va voir dans sa bibliothèque s’il trouve quelques livres drôles. Cervantès, Le Clézio, Dostoïevski, Dumas, Gaudé, Goethe, Hugo, ah  ! Pennac voilà un drôle. Il continue Proust, Stendhal, Tolstoï, etc… C’est pas vraiment marrant tout ça. Que des livres sérieux, intéressants c’est sûr mais qui ne font pas rire. Alors Pennac et ses histoires de Monsieur Malaussène  ? Pourquoi pas. Allons voir.

« L’amour, Malaussène, je vous propose l’amour ! » L’amour ! J’ai Julie, j’ai Louna, j’ai Thérèse, j’ai Clara, Verdun, le Petit et Jérémy. J’ai Julius et j’ai Belleville… « Entendons-nous bien, mon petit … c’est l’amour avec un grand A que je vous offre. » Aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai accepté. J’ai eu tort. Transformé en objet d’adoration universelle par la reine Zabo, Benjamin Malaussène va payer au prix fort toutes les passions déchaînées par la parution d’un best-seller dont il est censé être l’auteur. La petite Marchande de Prose est un feu d’artifice tiré à la gloire du roman.

Le Vieux Bonhomme va voir dans les œuvres complètes de Desproges, dans les histoires de Raymond Devos, de Fernand Raynaud, de Robert Lamoureux. La chasse aux canards c’était un sketch marrant.

«  Mais l’ami, tu nous parles de gens de ton époque. On les connaît plus ceux-là. Ils sont ringards. Ils sont plutôt has been. Parle-nous des comiques d’aujourd’hui comme  Foresti, Blanche Gardin. »

Tout d’un coup on entend  : «  Oh merde  ! J’ai failli me casser la figure.  »

Le Vieux Bonhomme n’a plus vingt ans et à son âge les forces diminuent, l’équilibre est parfois précaire. Et s’il est en parfaite santé, comme dit la Faculté de médecine, la carcasse peut avoir des faiblesses.

Il trouve aussi un livre au nom sympathique Mémé dans les orties (3). Ça tombe bien puisque ce végétal s’est invité sur sa terrasse (4). Ce livre ce n’est pas lui qui l’a choisi, on le lui a offert. Et c’est drôle. Il a même rit en le lisant, une performance  !

«  Hé  ! Vieux Bonhomme, ton pastis.  » Les histoires marrantes lui feraient-elles perdre l’appétence pour les bonnes choses que la nature nous offre  ?

Patrick Sibille – 2 mai 2020

1 Boris Vian et Henri Salvador
2 Pierre Perret
3 Aurélie Valognes
4 Le vieux bonhomme et l’ortie du 7ème

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