Un « vieux bonhomme » boit un pastis, seul sur sa terrasse ensoleillée, au 7ème étage d’un immeuble. Il contemple les montagnes au loin, et offre son regard d’ancien sur un basculement brutal, sur une ville devenue dangereusement silencieuse. 

Ce que vous allez entendre, ou plutôt : écouter, est une ballade à facettes, une incitation à la rêverie créative, une ode à la méditation, face à ce péril invisible au nom de starlette de science fiction : COVID 19

Un vieux Bonhomme seul dans la grande ville

Un vieux Bonhomme seul dans la grande ville, que fait-il, dans son confinement ?
Il vit plutôt bien
sur sa terrasse ensoleillée,

entouré de fleurs et du chant répétitif des moineaux. En ce temps d’isolement
il se donne à lui même une autorisation de sortie, une fois par jour,

pour faire quelque pas, se dégourdir les jambes.

Il va s’asseoir sur un banc dans le jardin voisin, presque vide.

Remerciant toutes les nouveautés techniques, permettant de garde le lien avec enfant, petits-enfants, quelques amis.
Ce sont échanges de missives technologiques,
de vues partagées sur le petit écran du téléphone.

Peut-être est-ce un bienfait induit au milieu des drames qui l’entourent et qui ne l’ont pas approché,
pas encore.

Il boit un pastis
pensant que c’est bon pour le moral,
sinon pour la santé. Que risque-t-il à son âge ?

Il lui vient à la mémoire
un texte qu’un certain Blaise Pascal,
avait écrit
Il y a plusieurs siècles et qui semblait des circonstances

« Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent dans la Cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre.

Puis le vieux bonhomme chante une chanson d’amour, un peu triste d’être seul,
de ne pas avoir à côté de lui
une femme

pour en apprécier la beauté. Malaika…

Comme il n’a pas grand-chose d’autre à faire
et que son cerveau n’est jamais en repos il écrit une fable.

Elle s’intitule Les malheurs infligés par l’homme à la planète.

Dame Planète
après ces milliers de siècles de vie paisible, parfois couverte de glace,
parfois souffrant de trop de chaleur, s’ébrouant de ses continents,
crachant des flammes de temps en temps en certains endroits,
jusque-là ne s’était jamais sentie en danger.

Or depuis un bref instant de sa longue histoire Elle était malmenée.
Une espèce animale,
sous couvert de progrès ( qu’est-ce donc ? ), La faisait souffrir,

La torturait
au point qu’Elle s’inquiétait de voir Sa mort approcher.

N’en pouvant plus,
à la limite de Sa survie
Elle envoya
brutalement
une redoutable flèche de poison mortel sur cette espèce qui La menaçait.

Et Elle lui a fait mal à cette espèce, très mal.
Dans son corps,
dans ses amitiés, ses amours,

dans ses affaires,
et peut-être surtout dans son âme.

Ces gens, ces humains
auront-ils appris les leçons de Mon alerte ? Sauront-ils adoucir leurs passions
pour les vieux démons
d’égoïsme, de soif de pouvoir, de richesse ? Sauront-ils retrouver les saines valeurs d’humanité, de vie en commun,
de respect de Ma nature ?

Rien n’est moins certain
et moi, Dame Planète Je tremble
que leurs vieux travers ne les reprennent.

Malgré le violent coup de semonce que Je leur ai infligé. Et il sera trop tard.
Puis le vieux bonhomme retourna à son pastis

——————————

Patrick Sibille

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5 commentaires

  1. Merci Papé et toute l’équipe RFDF à demain sur les ondes humaines.
    Les genêts sont en fleur, les bourgeons commencent à se libérer.

        1. salut Pascal, oui tu pourras enregistrer un fichier audio avec ton téléphone. On s’appelle demain. Amitiés. Thom

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