Dans cet édito, je vais vous compter l’histoire d’un de mes amis : c’est un lapin orange (et oui, personne n’est parfait).

C’est un lapin du cru… il connaît bien notre vallée et ses montagnes pour y avoir grandi… et il les aime.

Son histoire va vous permettre de suivre, pour la première fois, une de ses aventures dans le massif de Belledonne, et si vous êtes comme moi, de vous y attacher.

Lorsque le lapin orange a décidé de partir en montagne, c’était un de ces jeudis à Fond de France… ces soirs de marché bien arrosés où la liesse ne laisse aucun doute à la capacité de réaliser des exploits !

Quelques-uns d’entre nous ont bien essayé de l’en dissuader : le temps annoncé pour le lendemain (orages et fortes pluies) ne laissait rien présager de bon.

Malgré nos avertissements, le lapin orange, sûr de lui, nous quittait en plein milieu de la fête pour aller se coucher, prêt à affronter les montagnes…  il était environ 23 heures.

A 4 heures et demi, le lendemain matin, le lapin orange se levait.

Le temps de préparer quelques affaires : un sac à dos, un peu de nourriture et une tente ; il était parti !

A 5 heures 25, il était déjà arrivé à l’embranchement des 2 Ruisseaux, à 1500 mètres d’altitude.

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A 6 heures 35, il atteignait le chalet EDF des 7 Laux, 600 mètres plus haut.

(PHOTO 2)

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Et comme tout se passait bien, il prit la direction des Cabottes.

C’est à 200 mètres du sommet que les choses commencèrent à se compliquer : le nevet était trop gelé, il devait faire demi-tour.

A 8 heures 30, il était arrivé au col du Pendet, 2200 mètres. Il décida de s’y arrêter un moment.

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Le temps était magnifique, la vue aussi. Tout se prêtait à un temps de réflexion et de remise en question profonde, un de ces moments où les idées les plus compliquées, les soucis les plus récurrents, vous paraissent tout à coup très simples…

Le temps d’envoyer quelques SMS à ceux qui se faisaient du souci pour lui dans la vallée, il le savait, et il était reparti.

A 10 heures, il redescendait vers les 2 Ruisseaux pour remonter sur le versant opposé, vers la Croix de Chorionde, qu’il atteignit à 13 heures 45.

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C’est à cet endroit précis qu’il monta sa tente avant d’attaquer l’ascension du Pic du Mouchillon qui culmine à 2350 mètres. De là, il pourrait enfin admirer l’Alpes d’Huez.

Quand il put le faire, son assurance, jusque-là sans faille, commença à s’amenuir : le ciel qu’il voyait à l’horizon était noir, et ne présageait rien de bon.

A 15 heures 40, il appelait son ami Thom (vous savez, l’ami de Jerry) : j’étais aux côtés de Thom quand il reçut le coup de fil…

« Pour ce soir ? La météo ? Oui, bien sûr, attend, je regarde… Aucun problème. Ne t’inquiète pas. Pas de vent et 1 millimètre de pluie à l’heure ! De rien. A demain. »

Le lapin orange était rassuré : c’est sûr, il aurait à affronter une légère pluie et l’humidité de la nuit, mais tout allait bien se passer.

Pas d’affolement, il décidait de rester.

Il redescendit tranquillement vers la Croix de Chorionde, là où était plantée sa tente.

A 18 heures 30, la pluie commençait à tomber : ça dura 1 heure ; tout était conforme aux prévisions de son ami Thom. Il dîna. Prit le temps d’appeler  quelques amis pour leur raconter son ascension et les rassurer, encore une fois, sur l’absence de risque de cette belle aventure. Il s’amusait même à l’idée de pouvoir les apercevoir dans leur jardin de là où il était.

A 20 heures précises, le ciel noir qu’il avait observé au loin quelques heures avant était juste au-dessus de sa tête. Et à cet instant, il comprit que tout allait lui échapper…

Il se réfugia dans sa tente, et les coups de tonnerre, les éclairs et le vent se déchaînèrent… il tombait environ 1 millimètre de pluie à la MINUTE.

Il pensait  à son ami Thom… à tous ces amis d’ailleurs. Il ne put fermer l’oeil de la nuit.

L’orage ne s’arrêta qu’à 5 heures 35 le lendemain matin !

A 5 heures 40, il se redressa dans la tente, sa tête toucha la toile, et une énorme quantité d’eau dévala le long de son coup… s’en était trop ! Il ne lui fallut qu’une minute pour tout plier.

A 7 heures 50, il arrivait à Fond de France. Jamais il n’était redescendu aussi vite.

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Ce matin-là, il n’avait qu’une hâte, le dire à tout le monde : « Vivant ! Je suis vivant ! ».

La vie, comme nos montagnes en plein été, nous confronte souvent à des épreuves que nous sommes obligés d’affronter et de surmonter, quelques-fois par choix, d’autres parce que nous y sommes contraints.

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