Ô toi coronavilain quand tu nous tiens… Je te mets au défi en toute perfidie de me faire plier dans ma vallée. Je rêve qui sait sur ma Passerelle ? Mais rêver c’est exister pour aujourd’hui, on verra bien pour demain…

Toujours très matinale dans mes aurores peu boréales. Me suis levée ce matin pourtant avec un regain d’entrain voire de dédain pour ce putain de coronavilain.

Debout donc, au garde à vous devant cette humeur sans rancœur et ce moral que je dirais « médicinal », j’ai une patate infernale presque virale

Mais pas d’celle qui donne des ailes à s’emballer, armé d’un balai pour karcheriser murs, planchers et lessiver toute vitalité. NON !!

Non, il s’agirait plutôt de gaité, félicité afin de déjouer toute anxiété et morosité.

Faut vous dire, que même très matinale, suis d’une humeur joviale !

Oui j’hume le bonheur la joie comme un bon café qui se fait. L’ampleur de cette senteur distille fantaisie, rêverie jusqu’à mon cerveau encore au repos

En maîtres du ciel, les oiseaux chantent à tue-tête, un vrai jeu de trompettes comme des vedettes

Cet orchestre donne ampleur à mon Happiness et ardeur à me lover sous la canopée avec cette envie folle de faire TOUT péter !! Oui vous avez bien compris…

Faire tout PETER !!

Péter ce microbe qui enrobe nos corps dans des aubes trop contagieuses

Péter ce confit qui ratatine et rétrécit nos routines interdites

Péter les frontières et laisser passer, s’infiltrer les autres ou étrangers aux sonorités bien chaloupées

Péter le masque d’un coup de bourrasque sans hésiter pour enfin….

Inspirer, Respirer, Occulter et Rêver…

Rêver d’un feu d’artifice comme d’un armistice à cette folie immune pourvue de tant d’amertume

Rêver de zouker un soir d’été, collé serré, sur un air antillais

Rêver du bruit des sabots sous mes fenêtre, toutes crinières aux vents

Rêver new yorkais à cette foule en transe qu’un negro spiritual électrise sur les bancs d’une église

Rêver d’une ivresse au champagne avec le vieux bonhomme du 7ème qui cultive sa résilience et l’ortie sur sa terrasse accueillante

Rêver d’être confinée dans un théâtre avignonnais en plein mois de juillet et revoir « Miss Nina Simone » comme si elle y était, oui la Vraie.

Rêver de mer Egée, Cyclades, Amorgos et sa fêta grillée à l’ombre d’un bougainvillier

Bon ! je sens que la crise euphorique se passe… va m’falloir canaliser toute cette énergie sur du concret du vrai. Efficacité … premiers semis à réaliser, terrain à défricher presque terminé, plessis à continuer etc etc etc…

Je profite quand même des derniers instants de l’ambiance « petit matin ». Le soleil n’est pas bien loin, bientôt il toquera aux portes des sommets, plein est plein feu, au-dessus du Léa sur ma carte à moi

Les oiseaux continuent leur tournée dans ce ciel pur toujours sans pluie. Un tour de magie du Dahut il paraît, quelle drôle d’idée ce sortilège à cette vallée !!

Mes rêves disparaissent et mon envie de tout péter régresse. Profitons quand même de ce bain de légèreté inespérée pour noyer dans mes abymes spleen mélancolie, tous aux oublis aujourd’hui tendres maudits !

Je rentre avec mes chats, me connecte à la presse pour le petit déj’. Les nouvelles universelles toujours aussi mortelles, elles m’emmènent à me questionner… comment avancer dans l’allégresse malgré : 1/ les affres planétaires qui sucent la moelle de notre humanité non immunisée mais bien déshumanisée ? 2/ comment avancer en toute insouciance malgré ce complexe de privilégiée qui ne m’a pas quittée ?

Bon pour digérer toutes ces tristes réalités, un dernier rêve avec mon thé… un carnaval non masqué en toute promiscuité … oui oui après tout pourquoi pas !!!

Ô armes, Love and Happiness !!

Florence, confinée sur sa Passerelle…

Musique « Love and Happiness », First Choice

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4 commentaires

  1. Magnifique, splendide, on en redemande ! Le champagne est au frais dans le frigo du 7ème
    Mais le déconf’ ça fait peur !

  2. oui le déconfit m’effraie aussi et suis pas sûre de me jeter la tête première et les bras ouverts dans ce « nouveau » monde. Une ivresse au champagne au prix « exorbitant » en ces temps ci de patience ….ou de sagesse (comme cela vous plaise!) vaut tous les sacrifices, n’est ce pas Papé ? Allez regardons nos fleurs poussées pour aujourd’hui, demain on verra. Flo

  3. Dimanche matin, quelque part dans le Sud, pendant que le pain fait son travail de « levée « . Une jolie voix avec une petite touche d’accent de chez nous, vient me donner une « pêche  » terrible ! Avec mon café, le Loriot qui me dit bonjour,mes yeux braqués sur mon rhododendron en fleur, oui oui ! On peut avoir des rhododendron dans le sud ! Je me sent aussi une privilégiée. N’empêche que de temps en temps l’envie de tout faire « péter  » jaillit, malgré moi. Mes bras en ont marre d’être vides des autres.
    Quand nous reverrons nous dans la vallée du Breda ?
    Merci.

    1. bonjour Roseline, un grand merci pour ton beau commentaire très touchant ! Nous aussi nous sommes impatient de nous revoir tous…
      A très bientôt
      Thom

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